Causes et mécanismes de la dermatite atopique canine
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Chez les chiens souffrants de dermatite atopique, on peut distinguer schématiquement des anomalies cutanées et des anomalies du système immunitaire, c’est-à-dire du système de défense de l’organisme. D’un côté la peau ne joue plus son rôle de barrière physique et laisse passer des allergènes ou des microbes. De l’autre, l’organisme réagit de façon anormalement exagérée à la pénétration de ces substances.
Déterminisme génétique
Prédispositions raciales
Les prédispositions raciales sont très significatives: shar peï, fox terrier, Jack Russel terrier, Labrador et golden retrievers, boxer, bouledogues, american Staffordshire bull terrier, bull terrier, West Highland white terrier, setters, Lhassa apso, shi-tsu, cavalier King Charles sont les races de chiens atopiques les plus représentées en France.
Prédispositions familiales
Des études ont permis de mettre en évidence de grandes familles de chiens atopiques. Un chiot issu de parents atopiques a une chance sur deux de développer la maladie à l’âge adulte.
Anomalies de la réponse immunitaire adaptative
Synthèse d'IgE
Malgré l'apport technique des anticorps monoclonaux anti-IgE de chien il n'est pas possible de mettre en évidence une différence de concentration en IgE totales entre chiens atopiques et non-atopiques. Par contre, quelque soit le type d’antisérum utilisé, mono ou polyclonal, on retrouve des concentrations d’IgE spécifiques d'aéroallergènes significativement plus élevées chez les chiens atopiques que chez les animaux sains (avec toutefois un fort recoupement entre les deux populations).
Le rôle des IgE est encore aujourd’hui un sujet de controverse, même en médecine humaine.
Pradigme Th1-Th2
On retrouve dans la dermite atopique un déséquilibre de la répose T vers un type Th2 en début d'évolution, puis Th1 en phase chronique. Ceci explique les immunodéviations observées chez les chiens atopiques: hyperréactivité à l'injection intradermique de mitogènes, hyporéactivité des lymphocytes T à l'histamine, augmentation de la production d'IgE après une vaccination contre la maladie de Carré…
Mastocytes
Les mastocytes jouent un rôle majeur dans la pathogénie des dermatites allergiques. Ce sont de véritables bombes de médiateurs et de cytokines répondant aux contacts allergéniques.
La teneur en histamine des mastocytes est selon les auteurs équivalente chez les atopiques et les sains ou plus importante chez les atopiques, ce qui expliquerait la plus forte concentration en histamine dans la peau des chiens atopiques: 15µg/g contre 9 µg/g.
Altérations des défenses cutanées non spécifiques
La peau joue un rôle de défense physique très important. Elle se comporte comme un mur de briques. Les briques sont des cellules, appelées cornéocytes en surface et le mortier est composé de lipides qui assurent une bonne imperméabilité. Celle-ci évite la déshydration et la pénétration d’agents extérieurs.
On considère chez l’homme que les défauts de barrière cutanée chez les indicidus atopiques sont essentiellement dus à un défaut de synthèse de céramides.
Il en est probablement de même chez le chien.
D’autre part certains animaux présentent ce que l’on appelle des troubles de la cornéogenèse, communément appelés séborrhée. Ces animaux fabriquent beaucoup de squames (pellicules) et leur peau se déshydrate aisément et est très rapidement infectée par des bactéries ou des champignons.
Stress et troubles du comportement
Si le rôle du stress chez l’homme est clairement établi dans la survenue de poussées de dermatite atopique, un tel lien n’a jamais pu être établi de façon formelle chez le chien. Il est possible que les symptômes soient exacerbés chez des chiens anxieux, mais il est toujours difficile de savoir chez le chien si le troubles du comportement sont la cause ou la conséquence de la dermatose
Allergènes
Les chiens atopiques sont prédisposés à développer des allergies, les plus fréquentes étant celles à des allergènes présents dans l'air, appelés aéroallergènes, et les aliments, appelés trophallergènes.
Aéroallergènes
De nombreux aéroallergènes sont potentiellement allergisants chez le chien: acariens de la poussière, pollens, spores de moisissures, squames et poils animaux… Toutefois, médicalement, seuls les acariens et les pollens ont une réelle importance. En milieu urbain, les allergies canines sont représentées à plus de 90% par des allergies aux acariens de la poussière de maison, plus particulièrement Dermatophagoides farinae.
Trophallergènes
Les aliments au sens large font partie intégrante des allergènes sensibilisants pour un chien atopique. Ainsi, 30 % des chiens atteints de dermatite atopique sont améliorés très significativement par un régime d’éviction (attention, il s’agit ici de vrais régimes hypoallergéniques, ménagers ou à base d’hydrolysats).
Infestations par les puces
Les chiens atopiques ne sont pas prédisposés au développement de dermatite par allergie aux piqûres de puces (démngeaisons à la base du dos et de la queue), mais les piqûres de puces exacerbent toutes les autres allergies.
Staphylocoques
Chez les chiens atteints de DAC, l’adhérence de staphylocoques est facilitée, entraînant leur développement, favorisant l’émergence de pyodermite ou de prolifération bactérienne de surface. D’autre part, les entérotoxines staphylococcique peuvent avoir une action de superantigène exacerbant la réaction allergique.
Malassezia
Les Malassezia sont des levures, c’est-à-dire des champignons qui se développent aisément dans les zones chaudes et humides ou grasses du corps.
a dermatite atopique est la principale cause de dermatite à Malassezia. Ces levures colonisent aisément la peau chez le chien atopiques, notamment lors de troubles de la cornéogenèse associés. D’autre part, les chiens atopiques développent une réponse IgE aux antigènes de ces levures qui exacerbe la gravité des lésions et le prurit.
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